• Le quinzième arrêt.

    Je t'ai vu aujourd'hui, accompagnée d'un ami.

    Je me suis demandé à quoi tu as bien pu penser,

    Si tu te rappelle de celle que tu as connu,

    méprisée, calomniée, alors qu'elle était abattue. 

     

    Je n'ai vu qu'une étincelle dans tes yeux,

    sûrement de la moquerie, au moins un peu.

    J'ignore ce que tu as vu dans les miens, 

    cela va faire un an que je n'y lis plus rien. 

    Après l'Enfer et le purgatoire,

    j'attend mon tour, j'ai arrêté de croire

    qu'un jour le soleil brillera de nouveau, 

    J'ai perdu tout espoir de sortir de ce chaos. 


    Je me souviens d'une époque damnée

    Où, bien que faible et blessée, 

    trahie et mutilée, je savais briller, 

    même si il me fallait tout sacrifier. 



    Tu n'en a jamais rien su, 

    tu ne m'aurais jamais cru.

    Moi la fille si sage, parée de bandages

    tandis qu'elle réussissait tout au bahut. 

     

    Le quinzième arrêt.



    Je n'ai rien volé, j'ai tout mérité.

    Ta haine comme la mienne ne sont pas tombées du ciel,

    quelque chose s'est brisé, je ne l'ai jamais souhaité.  

    Pourtant j'aurai aimé que notre amour, notre amitié soient mutuels, partagés.



    J'ai joué une grande mascarade, dont l'enjeu était de faire croire à tous,

    et surtout à moi-même, que j'étais forte et heureuse,

    qu'il ne fallait pas venir à la rescousse de cette fille studieuse,

    tout en priant chaque soir de ne pas flancher à la prochaine secousse.

     

    Renier ma souffrance, se dresser contre l'envie de tout cesser pendant deux années.

    Aujourd'hui, je me demande juste si tu as changé, si tu as pris le temps de te demander

    pourquoi nos liens n'ont pas résisté. J'ai tenté de les sauver, je te promets, j'ai essayé, 

    mais j'avais tant de fronts sur lesquels lutter et l'impression qu'à tes yeux de ne pas compter. 



    Une méprise de la part de deux êtres blessés, acculés, désespérés.

    On aurait pu se soutenir, si tu ne m'avais pas éloigner, si pour moi tout ne s'était pas effondré. 

    Santé, famille, amitié, j'ai tout perdu en une année, et j'aurai aimé, crois-moi, j'aurai aimé 

    un signe de toi, entendre ta voix, me dire "Ne t'inquiètes pas. Ca va, moi aussi je suis là."

     

    Je n'en demandais pas beaucoup. Une étreinte, une main qui se tend,

    Un regard qui soutient, un sourire rassurant. Je me serai contenter de peu,

    je voulais juste voir ton visage heureux, le bonheur dans tes yeux. 

    Le quinzième arrêt.

     

    Je ne te blâme plus, ce temps est révolu. J'aimerai juste comprendre, 

    avoir une réponse, ne plus me morfondre, la conscience enfin délivrée, le cœur léger, 

    passer à autre chose, en nous sachant pardonnées. L'erreur est humaine, et j'ose espérer

    qu'au fond tu ne m'as jamais détesté, que tu étais toi aussi trop blessée, qu'il s'agit d'une page de notre vie que l'on peut enfin tourner. 

    « Je me suis (m)éprise. Chut mon cœur ! »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 4 Février 2016 à 18:55

    Le passage où tu parle de mascarade... Je me suis tellement reconnue dans tes mots, c'était perturbant, encore une fois.

    C'est beau, touchant, bouleversant comme à chaque fois.

    2
    Mercredi 23 Novembre 2016 à 09:44

    Encore une fois, un texte très bien écrit.

    C'est étrange, les mots que je lis m'atteigne directement, comme si tu les disais en face de moi, c'est incroyable.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :